écritures contemporaines

Dans un arti­cle qui a fait date, « Filiations lit­té­rai­res »1, Dominique Viart décri­vait en 1999 l’émergence d’un genre qu’il pro­po­sait d’appe­ler récit de filia­tion. Même s’il rap­pelle que ces récits s’écrivent dans le sou­ve­nir des gestes généa­lo­gi­ques pro­po­sées par les mémo­ria­lis­tes ou des fres­ques fami­lia­les de Zola à Roger Martin du Gard, le cri­ti­que pro­pose de lire ces récits comme des symp­tô­mes de l’époque et comme autant de portes d’entrée pour saisir les traits esthé­ti­ques de la lit­té­ra­ture contem­po­raine. En effet, le moment contem­po­rain, après des moments de rup­ture avec le passé, renoue avec les époques révo­lues, moins dans le souci d’y puiser une nos­tal­gie que dans le désir d’y inter­ro­ger nos inquié­tu­des et d’en trou­ver la trace effa­cée. Cette archéo­lo­gie que mène la lit­té­ra­ture contem­po­raine, à tra­vers le prisme fami­lial, n’est donc un récit mythi­que des ori­gi­nes, qui fonde une iden­tité, mais le lieu d’une inter­ro­ga­tion et d’une inquié­tude. Or ce retour amont s’accom­pa­gne selon le cri­ti­que d’une explo­ra­tion inven­tive des formes et des lan­gues du passé, dans une inter­tex­tua­lité qui noue ensem­ble inves­ti­ga­tion généa­lo­gi­que et filia­tion lit­té­raire : c’est Pierre Michon qui dans Vies minus­cu­les2 mène une archéo­lo­gie au miroir du par­cours rim­bal­dien, ou Pierre Bergounioux dans L’Orphelin3 qui tente de démê­ler ses liens empê­chés à la figure pater­nelle à la lumière de la situa­tion de Flaubert. L’écriture se nour­rit alors de la lec­ture, dans un dia­lo­gue inces­sant, qui consi­dère les œuvres d’autre­fois comme autant d’embrayeurs à la recher­che d’une voix per­son­nelle.

Dans le pro­lon­ge­ment de ces ana­ly­ses, je pro­po­sais dans Encres orphe­li­nes4un dépla­ce­ment de ces ana­ly­ses en notant la tona­lité for­te­ment mélan­co­li­que de ces récits de filia­tion, qui oscil­lent entre le texte de deuil et les célé­bra­tions de la perte. Ce sont autant de textes adres­sés ou qui ten­tent de répa­rer les injus­ti­ces de l’his­toire passée : le récit de filia­tion obéit ainsi à un désir de répa­ra­tion des exis­ten­ces pas­sées, non seu­le­ment en insé­rant ces figu­res sou­vent ordi­nai­res au sein de la lit­té­ra­ture, mais sou­vent en ayant recours aux outils de la fic­tion ou de la rêve­rie pour exau­cer de manière hypo­thé­ti­que ou fabu­leuse les désirs irréa­li­sés de l’ascen­dance. Surtout, dans cet essai, je vou­lais ana­ly­ser l’émergence du récit de filia­tion comme l’indice d’un malaise dans la trans­mis­sion, sus­cité par le projet moderne. En effet, l’indi­vidu moderne tente de s’inven­ter une iden­tité par la récu­sa­tion cri­ti­que des héri­ta­ges et des tra­di­tions du passé, qu’il consi­dère comme autant d’entra­ves au déploie­ment de sa liberté indi­vi­duelle. Mais cette liberté sus­cite également l’angoisse et la peur de trahir, au point que l’indi­vidu qui s’affir­mait au XIXe siècle encore comme un soli­taire s’éprouve désor­mais comme un être esseulé, dépos­sédé des repè­res d’iden­ti­fi­ca­tion que lui pro­po­sait autre­fois les com­mu­nau­tés paren­ta­les. Le récit de filia­tion arti­cule ainsi une double exi­gence : res­ti­tuer les figu­res paren­ta­les, dans une célé­bra­tion qui emploie fré­quem­ment un lyrisme assourdi, et se cons­ti­tuer à tra­vers le geste même de cet hom­mage dans une rené­go­cia­tion cri­ti­que et fidèle de son héri­tage.

Enquêter autour d’une lacune

Le récit de filia­tion emblé­ma­tise une inquié­tude contem­po­raine et une déso­rien­ta­tion his­to­ri­que, pal­pa­bles depuis que les croyan­ces au futur et les idéo­lo­gies du pro­grès ont été ébranlées à la fin du mil­lé­naire. Le regard contem­po­rain cesse d’être uni­que­ment pros­pec­tif, comme aux temps conqué­rants de la moder­nité, pour inter­ro­ger les années qui se sont écoulées et enquê­ter amont sur les exis­ten­ces qui ont pré­cédé. La com­pré­hen­sion du pré­sent ne peut se faire sans un détour vers ces moments révo­lus, sans dres­ser l’inven­taire de ces héri­ta­ges fami­liaux. Car le pré­sent n’est pas vécu comme un moment entier de plé­ni­tude mais semble entravé par les non-dits et les silen­ces du passé, par les lacu­nes de l’his­toire qui pèsent sur la cons­cience des indi­vi­dus. Les récits de filia­tion sont alors autant d’inves­ti­ga­tions his­to­ri­ques qui pren­nent en charge les silen­ces fami­liaux et s’atta­chent à redon­ner des mots aux pages blan­ches de l’his­toire.

Les nar­ra­teurs de ces récits de filia­tion pren­nent alors bien sou­vent le cos­tume de l’his­to­rien pour res­ti­tuer, à tra­vers archi­ves fami­lia­les et docu­ments d’époque, la teneur d’expé­rience des moments du passé : dans cette inves­ti­ga­tion, le passé n’est pas l’objet d’un savoir qu’il s’agi­rait de for­mu­ler ou de sta­bi­li­ser à tra­vers des concepts, mais l’objet d’une expé­rience qu’il s’agit de faire revi­vre, pour pou­voir se mettre à la place de l’ascen­dant et com­pren­dre ce qu’il a vécu. Si les outils his­to­ri­ques ou socio­lo­gi­ques employés dans ces récits de filia­tion sont à bien des égards des ins­tru­ments cri­ti­ques, ils sont aussi des vec­teurs d’empa­thie qui per­met­tent de saisir, même fugi­ti­ve­ment, les bles­su­res et les dou­leurs d’autre­fois. Tel est le projet de Jean Rouaud, dans Les Champs d’hon­neur 5, dont le titre détourne iro­ni­que­ment le voca­bu­laire de l’his­to­rio­gra­phie natio­nale pour célé­brer les petits et les ano­ny­mes, mais qui sur­tout tente de per­met­tre d’entrer en sym­pa­thie avec les sol­dats de la pre­mière guerre mon­diale, et grâce à une écriture d’une grande richesse sen­so­rielle, nous aider à retrou­ver sous les figu­res pâlies des com­mé­mo­ra­tions offi­ciel­les les expé­rien­ces vives endu­rées par des jeunes hommes, comme dans la scène qui clôt le volume et donne à lire la pre­mière ren­contre du gaz ypé­rite.

Inventorier les héritages

Il faut sans doute rap­pro­cher la démar­che lit­té­raire du récit de filia­tion d’une inquié­tude très contem­po­raine pour la mémoire qui aura marqué toute la fin du XXe siècle. Tout se passe en effet comme si l’époque, entre pro­phé­tisme apo­ca­lyp­ti­que et ter­reur fin-de-siècle, n’en finis­sait plus d’éprouver mélan­co­li­que­ment la dis­pa­ri­tion d’un monde. L’on n’en finit plus de mener l’inven­taire du siècle. En effet, comme Pierre Nora l’a montré6, le siècle a été vécu comme le moment d’une for­mi­da­ble accé­lé­ra­tion de l’his­toire, trans­for­mant en pro­fon­deur façons d’être et maniè­res de faire qui s’étaient per­pé­tuées dans le temps long des com­mu­nau­tés tra­di­tion­nel­les. Le temps pré­sent, qu’on le nomme post-moder­nité comme Jean-François Lyotard ou sur­mo­der­nité comme Marc Augé7, se carac­té­ri­se­rait par la cadu­cité accrue des formes et des savoirs, déro­bant à chacun l’assu­rance d’une assise stable. En somme, le pré­sent qui se vit comme effa­ce­ment irré­ver­si­ble semble avoir fait de la crise son mode d’être ordi­naire.

En guise de remède, nous n’en finis­sons plus de nous retour­ner sur nos traces, de cata­lo­guer nos archi­ves et d’inven­to­rier notre passé. Telle est sans doute l’entre­prise menée par Pierre Nora dans son vaste cata­lo­gage des Lieux de mémoire qui envi­sage tour à tour les objets, per­son­na­ges mythi­ques, bâti­ments fon­da­teurs qui ont cris­tal­lisé ima­gi­nai­res et iden­ti­tés. Et cela jusqu’à conduire par­fois dans la déme­sure d’une cris­pa­tion mémo­rielle. Les récits de filia­tion s’ins­cri­vent cer­tai­ne­ment dans cette folie de l’inven­taire, tant ils pui­sent aux archi­ves inti­mes en feuille­tant les pho­to­gra­phies de famille comme Anne-Marie Garat dans Photos de famille8 ou en com­pul­sant jour­naux privés d’autre­fois et cor­res­pon­dan­ces fanées comme Claude Simon, qui dans Histoire 9com­pose son récit comme mon­tage des cartes pos­ta­les paren­ta­les. Ces objets que le temps ternit ou détra­que sont autant d’embrayeurs de la mémoire où se trou­vent dépo­sés des sou­ve­nirs muets

Confronter les savoirs

Puisque le récit de filia­tion suit fré­quem­ment l’allure d’une enquête, à la recher­che des témoi­gna­ges ou dans le dépouille­ment des archi­ves fami­lia­les, il sol­li­cite les savoirs : l’his­toire chez Claude Simon et Jean Rouaud10, la socio­lo­gie chez Annie Ernaux11, et de manière dif­fuse mais insis­tante la psy­cha­na­lyse. En effet, la famille n’est pas seu­le­ment un motif lit­té­raire par­ti­cu­liè­re­ment de fécond, de Rabelais à Zola, c’est aussi le lieu de genèse de l’indi­vidu : le par­cours fami­lial est sou­vent ana­lysé comme un puis­sant déter­mi­nisme qui modèle les carac­tè­res et contraint les exis­ten­ces, au point de consi­dé­rer par­fois l’exis­tence pré­sente comme l’ombre portée des des­tins d’autre­fois. Mais pré­ci­sé­ment l’héri­tier en racontant son his­toire fami­liale, en rêvant aux aven­tu­res de ses parents sus­cite un espace de liberté, qui lui permet de s’inven­ter une iden­tité moins contrainte. Freud, dans un arti­cle demeuré impor­tant « le roman fami­lial des névro­sés »12 , évoque cette puis­sance de la nar­ra­tion enfan­tine, qui dans ses rêves ou près de s’endor­mir s’ingé­nie à cor­ri­ger son his­toire fami­liale au gré de ses désirs. C’est par ces nar­ra­tions inven­ti­ves, qui emprun­tent aux lec­tu­res de l’enfance, que l’indi­vidu s’élabore et dénoue les conflits psy­chi­ques, en ima­gi­nant des parents de sub­sti­tu­tion ou en se rêvant arra­ché à une généa­lo­gie pres­ti­gieuse. Dans son essai, Roman des ori­gi­nes et ori­gi­nes du roman 13 , Marthe Robert déplace le propos de Freud : le roman fami­lial n’est plus seu­le­ment une étape dans la cons­truc­tion indi­vi­duelle, à dépas­ser en accé­dant à l’âge adulte au point d’être oublié par la suite, il est la matière même de la créa­tion roma­nes­que. L’écrivain, qu’il soit conteur ou roman­cier, ne ces­se­rait dès lors de rejouer avec cette matière fami­liale, selon deux figu­res qui pro­po­sent selon elle toute une his­toire du récit, du conte mer­veilleux au roman réa­liste : l’enfant trouvé qui rêve d’un ailleurs mer­veilleux à sub­sti­tuer volon­tiers aux décep­tions du monde et le bâtard qui se col­tine au contraire aux vicis­si­tu­des du monde concret pour y conqué­rir une situa­tion, tant poli­ti­que qu’économique. Or les récits de filia­tion qui s’écrivent depuis les années 1980 le sont avec une connais­sance aigui­sée des outils pro­po­sés par la psy­cha­na­lyse et ont inté­gré son voca­bu­laire comme ses motifs. En d’autres termes, les écrivains sol­li­ci­tent la psy­cha­na­lyse moins comme un outil de déchif­fre­ment que comme une gram­maire de la nar­ra­tion indi­vi­duelle où emprun­ter des modè­les et puiser des figu­res. Il n’est dès lors pas sur­pre­nant que le récit de filia­tion soit encore peuplé de bâtards et d’enfants trou­vés, et que le récit soit hanté par un secret des ori­gi­nes qu’il s’agit d’élucider. C’est d’ailleurs autour de ce thème très contem­po­rain du secret de famille que s’écrivent désor­mais de nom­breux récits de filia­tion, où le nar­ra­teur essaye de creu­ser les silen­ces et les non-dits de la parole fami­liale pour y déce­ler les mys­tè­res et démê­ler l’écheveau com­pli­quer des mythes généa­lo­gi­ques. Le nar­ra­teur n’est dès lors plus un conti­nua­teur fidèle de la mémoire fami­liale, il en est plutôt l’her­mé­neute cri­ti­que qui traque les men­son­ges, dévoile les hontes et exor­cise les fan­tô­mes qui han­taient le cercle fami­lial. Telle est l’entre­prise qu’Emmanuel Carrère a menée dans Un roman russe 14 , qu’il défi­nira lui-même comme une auto­psy­cha­na­lyse. Car le roman­cier en ten­tant de pré­ci­ser la des­ti­née énigmatique d’un grand-père venu de Russie, et dis­paru mys­té­rieu­se­ment en 1944 après avoir été col­la­bo­ra­teur, s’atta­che à lever le poids des secrets qui ont sus­cité mille mys­tè­res et frayeurs durant son enfance. L’enquête du roman­cier s’atta­che alors non seu­le­ment à éclairer les zones d’ombre du récit mater­nel, qui impo­sait le silence sur cette figure inquié­tante et hon­teuse, mais aussi à décons­truire le mythe de la famille en en poin­tant contra­dic­tions et men­son­ges. L’écriture s’appa­rente dès lors à une ten­ta­tive d’exor­cisme, qui permet de lever les silen­ces et les non-dits qui pèsent sur la cons­cience, et de se déli­vrer de cet aïeul encom­brant qui l’étouffait comme un ennemi rica­nant, qui ne ces­sait de reve­nir sous cou­vert de fic­tion dans ses pré­cé­dents récits de L’Adversaire à La Classe de neige.

Célébrer les obscurs

Le récit de filia­tion emprunte fré­quem­ment aux formes bio­gra­phi­ques pour res­ti­tuer les mem­bres de la paren­tèle. Vies, par­cours d’exis­tence ou bio­fic­tions, ce sont des récits qui ten­tent d’énoncer la vérité d’un être à tra­vers les moments de son his­toire et au fil de son deve­nir. À rebours de la tra­di­tion bio­gra­phi­que cepen­dant, les récits de filia­tion se foca­li­sent sur des moments symp­to­ma­ti­ques de l’exis­tence plutôt que d’en dévi­der le fil de la nais­sance à la mort, mais sur­tout ils pren­nent leur dis­tance avec les figu­res illus­tres de la mémoire offi­cielle. Au contraire d’un Plutarque qui pou­vait s’inté­res­ser aux vies des hommes illus­tres, les écrivains contem­po­rains avouent leur pré­di­lec­tion pour les minus­cu­les et les infâ­mes. Cet adjec­tif ren­voie aux tra­vaux menés par Michel Foucault et Arlette Farge à partir des archi­ves judi­ciai­res du XVIIIe siècle, pour aller y puiser y puiser des vies qui n’exis­tent plus qu’à l’état de traces sur ses regis­tres his­to­ri­ques : ils son infâ­mes, non seu­le­ment parce qu’ils ont été en butte avec un pou­voir sou­vent vio­lent et arbi­traire, mais sur­tout parce que leur nom s’est perdu dans l’oubli, sans répu­ta­tion ni renom­mée –fama–. Il faut cer­tai­ne­ment voir dans ces res­ti­tu­tions de vies obs­cu­res l’empreinte déci­sive des tra­vaux de Michel Foucault et Arlette Farge qui s’étaient voués à faire revi­vre des archi­ves pous­sié­reu­ses des êtres « infâ­mes »15, plus que dans les deve­nirs des lit­té­ra­tu­res popu­lai­res. Ce désir d’exhu­mer les êtres de peu s’ins­crit plus lar­ge­ment dans le sillon de la micro-his­toire, sou­cieuse du petit et du ténu, du détail sen­so­riel et de la sil­houette estom­pée. Un tel retour­ne­ment his­to­rio­gra­phi­que qui après les tra­vaux des Annales, où la focale était portée sur l’évolution lente, les macro­struc­tu­res et les sta­tis­ti­ques au point de gommer la pré­sence des acteurs sin­gu­liers, a conduit Alain Corbin à bros­ser l’exis­tence d’un inconnu, Louis-François Pinagot16 . Les récits de filia­tion s’ins­cri­vent dans ce double contexte : ils mani­fes­tent une résis­tance envers les dis­cours de la mémoire offi­cielle en allant à rebours des célé­bra­tions conve­nues ou consen­suel­les, et en élisant des figu­res oubliées par l’his­toire ; ils pro­cè­dent d’une atten­tion renou­ve­lée à l’infime, délais­sant sys­tè­mes expli­ca­tifs et idéo­lo­gies englo­ban­tes, sans doute parce que les écrivains se méfient désor­mais de tout désir de tota­li­sa­tion pour mieux lui oppo­ser la résis­tance d’une vie quel­conque.

Tels sont sans doute les défis et les qua­li­tés du récit de filia­tion contem­po­rain : essayer de dire des figu­res invi­si­bles et de lever des silen­ces. La lit­té­ra­ture retrouve alors une forte dimen­sion éthique, et même cri­ti­que, alors même qu’elle semble se replier sur l’uni­vers étroit de la parenté. Surtout elle mani­feste ici com­bien l’iden­tité ne peut se penser désor­mais que dans une rela­tion atten­tive à l’autre, et c’est ainsi que le récit de filia­tion réconci­lie éthique et esthé­ti­que.

Laurent Demanze

Dominique Viart, « Filiations littéraires », Ecritures contemporaines 2, Caen, Minard, 1999.

Pierre Michon, Vies minuscules, Paris, Gallimard, 1984.

Pierre Bergounioux, L’Orphelin, Paris, Gallimard, 1992.

Laurent Demanze, Encres orphelines : Pierre Bergounioux, Gérard Macé, Pierre Michon, Paris, Librairie José Corti, 2008.

Jean Rouaud, Les Champs d’honneur, Paris, Minuit,1990.

Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, Paris, Gallimard, 1984-1992.

Jean-François Lyotard, La Condition post-moderne, Paris, Minuit, 1979 et Marc Augé, Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité, Paris, Seuil, coll. « La librairie du XXe siècle », 1992.

Anne-Marie Garat, Photos de famille, Paris, Actes Sud, 2011.

Claude Simon, Histoire, Paris, Minuit, 1967.

On pense notamment aux Géorgiques de Claude Simon qui s’écrit à partir des archives d’un ancêtre Constitutionnel, jusqu’à analyser finement, à la manière d’un paléographe, le tracé de ces textes où semblent se déposer plus que de mots : un désir, la trace d’un corps, les moments d’une existence.

C’est évidemment dans La Place et Une femme qu’Annie Ernaux convoquera la sociologie, et notamment les pensées de la domination décrites par Pierre Boudieu, entre autres dans Les Héritiers.

Sigmund Freud, « Le roman familial des névrosés » (1909), in Névrose, psychose et perversion, trad. J. Laplanche, Paris, PUF, 1973.

Marthe Robert, roman des origines et origines du roman, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1972.

Emmanuel Carrère, Un roman russe, Paris, POL, 2007.

Michel Foucault et Arlette Farge, La vie des hommes infâmes, Paris, Gallimard, 1977.

Alain Corbin, La Vie retrouvée de Louis-François Pinagot. Sur les traces d’un inconnu, 1798-1876, Paris, Flammarion, 1998.